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Point de vue... Benoît Ameil, Réalisateur, Scénariste & Producteur


De l'idée au scénario

Je ne peux pas vraiment dire comment m'est venu l'idée du film. Disons que tout a commencé par une image, une scène... A partir de ça, j'ai développé une première version du script que j'ai envoyé à Laurent Freynet. Par la suite on s'est rencontré régulièrement pendant 2-3 mois pour parler du scénario. Je prenais des notes à même le script, je me chargeais de faire les modifications et rebelote, on se voyait, on parlait de la nouvelle version, je prenais des notes et ainsi de suite. C'est comme ça qu'on a fait évoluer l'histoire.

Aude Roman

Une étape importante dans la construction du scénario a été la confrontation à un point de vue extérieur. Après plusieurs versions, on en est arrivé à se dire qu'on avait fini l'écriture. Du coup, j'ai fait lire le script à trois personnes qui ont travaillé sur le film par la suite : Sylvain Rodriguez, directeur de la photographie, Stéphane Ripé, créateur des génériques et Myrtille Saint-Martin avec qui j'ai produit le film. Ils ont pointé tous les défauts du scénario, tout ce qui pour eux n'était pas crédible. Leur franchise a été un atout. A partir de là, Laurent et moi, nous avons retravaillé le scénario. Mais il ne s'agissait pas de prendre directement leurs propositions pour le modifier. Je crois que lorsqu'on écrit un scénario ou qu'on réalise un film, il est indispensable de garder le cap. Lorsque je leur ai fait lire le script, à chaque fois qu'ils ont pointé un défaut, naturellement ils ont proposé la solution telle qu'ils la voyaient et si j'avais suivi leurs conseils jusqu'au bout, ça aurait abouti à renoncer à beaucoup de choix que j'avais fait. Ce que je ne voulais pas. C'était donc à moi (avec l'aide de Laurent) de trouver les solutions pour améliorer le scénario tout en gardant les éléments que j'appréciai et que je voulais garder. Au final il y a eu autant de travail avant et après leur avoir fait lire le scénario.

Après le tournage, je suis tombé sur une interview de Matthieu Kassovitz qui expliquait : « En France, quand je veux faire un film, on me donne les sous et on ne me pose aucune question... Aux Etats-Unis, on discute du scénario. Quitte à ce que ça mène au clash et que le film ne se fasse pas. » À ce moment-là, j'ai compris que la discussion que j'avais eu avec mes 3 compères ne relevait pas simplement de l'avis extérieur, mais elle correspondait en fait à la discussion que doivent avec le réalisateur et le scénariste avec le producteur. (Étant producteur du film, il m'était difficile de discuter avec moi-même). Pour moi il est devenu évident que le producteur doit avoir un rôle artistique sur le film. Bien sûr il est évident que c'est le film du réalisateur, mais ce rôle artistique, comme un coach ou un accoucheur en quelque sorte, c'est ce qui différencie le producteur du simple financier. Évidemment, à partir du moment où le producteur assume un point de vue artistique, il est possible qu'il ne soit pas en phase avec le réalisateur, mais à mon avis il vaut mieux un bon gros clash et ne pas faire le film ensemble, plutôt que de commencer un film et de se rendre compte au milieu du tournage qu'il y a problème. Et puis, si les deux (ou trois, n'oublions pas le scénariste) sont en phase, alors il y a des chances pour le réalisateur bénéficie d'un soutien sans faille de la part du producteur...

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