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Entretien avec Laurent Ziliani, Compositeur


Laurent Ziliani

Comment votre relation de travail avec Benoît Ameil a commencé et comment s'est développée votre collaboration ?

J'ai rencontré Benoît par la Maison du Film Court. C'est là-bas que j'avais lu le descriptif du film, que j'avais trouvé un peu fou et très amusant. Je l'ai rapidement contacté, on s'est rencontrés, et on a commencé à réfléchir à quoi ressemblerait la musique du film. Dans un premier temps, Benoît avait des idées très arrêtées sur la musique qu'il fallait composer, il y avait même des indications musicales très précises dans le scénario : quel instrument interviendrait, comment, et à quel moment ! C'est, bien entendu, très effrayant pour un compositeur, mais le film était alors encore en pré-production, et je savais qu'une fois le montage terminé, certains choix se feraient d'eux-mêmes. Le scénario prévoyait un instrument par personnage, mais quand le montage a été terminé, on s'est progressivement détachés des indications originales et je me suis orienté vers une approche plus globale.

Quelle atmosphère musicale aviez-vous à l'esprit et comment l'avez-vous créée techniquement ?

Benoît voulait une musique qui inspire tout à la fois la comédie, le suspense, la tension, le bizarre et l'étrange : c'était un immense défi ! De plus, il fallait trouver une musique qui soit facile à retenir et adaptable aux différentes ambiances du film. Elle doit toujours accompagner l'action et pénétrer dans l'inconscient des spectateurs. Or, dans un film de 13 minutes comme celui-là, il n'y a guère le temps de développer, il fallait donc être concis et j'ai décidé de n'utiliser qu'un seul thème dans tout le film, decliné de manière différente dans chaque scène. Je ne sais pas combien de spectateurs se seront aperçus, par exemple, que la musique qui accompagne «Urgences» reprend le thème du film !

Qu'est-ce qui vous a inspiré ?

Si Benoît Ameil avait eu un plus gros budget pour ce film, il aurait certainement engagé Danny Elfman ! D'ailleurs, le premier exemple musical qu'il m'ait envoyé était «Beetlejuice», et après avoir vu le générique de début, «Tales from the Crypt» revenait sans cesse dans ma tête. J'ai d'abord eu du mal à m'en détacher. Et puis le déblocage est venu de la scène où le père va chercher sa fille dans sa chambre : le thème de la boîte à musique est devenu le thème du film.

Quels compositeurs ont la plus grande influence sur vous ?

Il est difficile de résumer en quelques mots les dizaines de compositeurs que j'admire, mais en tête de ma playlist en ce moment,vous trouverez Ravel, Mahler, Dukas, Puccini et Korngold... et en musique de films Bernard Herrmann, Ennio Morricone et John Williams.

Aude Roman et Nicolas Buchoux

Quelle est votre philosophie de la composition ?

Composer la musique d'un film pour moi, c'est comme composer une poésie : il y a d'abord des contraintes techniques, qui sont métriques et rythmiques. Au lieu d'avoir des pieds et des hemistiches, on a des changements de plan, des actions visuelles à synchroniser. Le défi est ensuite de réaliser une composition fluide, qui semble naturelle et transcende la structure de départ. Le rythme et la forme de la musique sont donc imposés par l'action du film : c'est l'ossature sur laquelle je construis mes compositions. Le choix des sons, des couleurs, et des harmonies, qui vient ensuite, est davantage une histoire d'inspiration et de réponse émotionnelle à ce que je vois a l?image.

Comment décririez-vous votre relation avec le réalisateur ?

C'est toujours difficile de travailler avec un réalisateur pour la première fois, alors que l'on connaît très mal ses goûts artistiques. La musique est l'art abstrait par excellence, et elle ne s'explique pas avec des mots, alors il a fallu vraiment faire connaissance musicalement, petit à petit, de manière presque empirique. Benoît est très rigoureux dans son travail, il ne laisse rien au hasard. Il avait un avis sur chaque son, chaque note que je composais, de sorte que la musique de La Dinde est le fruit d'une vraie collaboration.

Comment définiriez-vous « La Dinde Marinée »

« La Dinde » n'est pas seulement une comédie noire, c'est aussi une parabole sur une personne qui se réfugie dans un univers virtuel, en l'occurrence la télévision. Le réalisateur s'amuse d'ailleurs à confondre réalité et fiction puisque l'action du film et l'action de la série télé suivent des évolutions parallèles.

D'où vous est venue l'envie de ce métier ?

D'où vous est venue l'envie de ce métier ? Depuis enfant, la passion de la musique et du cinéma cohabitent en moi, j'ai suivi de solides études musicales, mais j'ai aussi roulé ma bosse dans le milieu du cinéma et de la télévision. La musique de films, c'était un peu la suite logique de ma carrière.

Liens

www.laurentziliani.com Laurent Ziliani sur IMDb.com